24 mars 2020

''Je respecte les consignes Ă  la lettre''

Renaud Emond

C'est depuis sa Belgique natale, que l'attaquant du FC Nantes, Renaud Emond, est revenu sur la première semaine de confinement. Son entretien physique, les bons gestes à adopter et le respect des consignes gouvernementales, le joueur de 28 ans raconte.

Renaud, comment vas-tu ? Comment te sens-tu ?

Renaud EMOND : "Je vais très bien, merci. Je pense que pour l'instant, il n'y a pas de souci à ce niveau-là. Il est vrai que c'est une période assez étrange parce qu'on reste à la maison et on ne bouge pas. Je respecte les consignes à la lettre, aux côtés de ma femme et de mon fils."

OĂą fais-tu ton confinement ?

"Je suis rentré chez moi en Belgique parce que j'ai l'avantage d'habiter à la campagne. Je trouvais ça plus logique, afin d'éviter de croiser de nombreuses personnes. Autour de chez moi, il n'y a que des champs et des forêts donc ça me permet d'aller courir dans les alentours, sans trop m'éloigner de mon domicile."

En tant que sportif professionnel, comment parvient-on à garder la motivation sans avoir de compétition ?

"Nous sommes des sportifs professionnels et nous aimons le sport. Nous savons très bien que nous serons amenés à reprendre un jour ou l'autre. Évidemment aucune date n'est encore avancée aujourd'hui mais c'est important de garder un rythme régulier dans notre activité physique. Personnellement, ces séances me font beaucoup de bien et me permettent de me vider la tête, surtout ici au grand air."

Comment se décompose ton programme d'entraînement ?

"Il varie tous les jours et c'est assez positif car on ne répète pas toujours les mêmes exercices. Cyril Moine, le préparateur physique, a essayé de nous préparer des séances diversifiées avec de la VMA, du foncier et des circuits d’entretien musculaire sur le haut et le bas du corps."

Tu avais fait ton retour en championnat à Angers, le 7 mars dernier, après avoir manqué trois matches suite à une blessure. Comment te sentais-tu avant l'interruption du championnat ?

"Je commençais à me sentir bien mais c'est comme ça. J'avais en effet contracté une blessure qui, je pensais, serait un peu moins importante que ce qu'elle a été (décollement aponévrotique au mollet, ndlr). C'est assez embêtant parce qu'en cas de reprise précipitée, le décollement se refait automatiquement et c'est le risque. Une fois que tout a bien été cicatrisé, j'ai pu revenir correctement."

Avec tes coéquipiers, comment avez-vous vécu, ensemble, l'avancée du virus Covid-19 ?

"Chaque jour, il y avait du nouveau. Au début, on regardait ça de loin mais plus le temps passait, plus on a pris ça au sérieux. On a donc adopté le fait de ne plus se serrer la main entre nous et de se saluer de loin. J'ai eu comme un "électro-choc" lorsque le huis clos face à Nîmes a commencé à être évoqué. L'ampleur était grandissante et j'avais mon fils ainsi que ma femme enceinte à la maison, donc c'était surtout par rapport à eux que je commençais à stresser, en me disant que je pouvais l'attraper et leur transmettre. Je pense même que le déclic s'est fait pour tout le monde quand le match a été annulé. Là, il y a eu une vraie prise de conscience."

On imagine que tu adoptes les bons gestes à la maison…

"Oui, franchement, je fais tout ce qui est dit. J'ai toujours bien respecté ce qui a été mis en place en France mais aussi en Belgique. J'étais, comme beaucoup de Français, devant ma télé lors du discours du Président de la République, Emmanuel Macron et on a écouté attentivement. On se lave les mains très souvent et comme j'ai pu le dire depuis mon arrivée ici en Belgique, je n'ai croisé personne."

As-tu un message Ă  faire passer aux supporters nantais ?

"Il faut que chacun respecte bien les règles données et nul doute que les risques seront limités. Ça ne pourra qu’endiguer cette épidémie et c'est ce que tout le monde souhaite. On a tous envie de retrouver une vie "normale". C'est en étant sérieux qu'on pourra se retrouver au bord des terrains. Soyez prudents !"

Par M.G