Le roc jaune et vert

Nicolas Pallois

Joueur du FC Nantes depuis l'été 2017, Nicolas Pallois entamera l'an prochain, sa quatrième saison sous le maillot nantais. Solide dans les duels, combatif et souvent premier relanceur de l'équipe avec ses chevauchées vers l'avant dont lui seul a le secret, il est l'un des leaders de l'effectif de Christian Gourcuff. Portrait.

Normand de naissance, le natif d’Elbeuf (Seine-Maritime) évolue en Division d'Honneur avec l'US Quevilly, quand à 18 ans, le Stade Malherbe de Caen frappe à la porte et lui propose d'intégrer la réserve caennaise (CFA 2), en 2007. Attaquant jusqu'en moins de 13 ans, il se voit ensuite repositionné en défense. Ses bonnes performances lui ouvrent la porte d'un club professionnel, sur le tard, certes. BAC Pro menuiserie en poche, le jeune homme tente alors l'aventure avec le SM Caen. Celle-ci sera courte et ne durera finalement qu'une saison. Non conservé par les formateurs des Rouge et Bleu, Nicolas Pallois effectue son retour avec Quevilly, alors en CFA et poursuit le travail à l'usine pour gagner sa vie, en plus de sa passion pour le football.
En Seine-Maritime, l'actuel défenseur du FC Nantes s'affirme sous les ordres de Régis Brouard, alors entraîneur de l'époque et joue un rôle important dans l'épopée de l'USQ en Coupe de France en 2009/2010, avec une demi-finale face au Paris Saint-Germain. Son positionnement, sa force et sa justesse dans ses interventions lui valent alors de signer à 22 ans, dans les rangs de Valenciennes (Ligue 1). Après une saison dans le Nord de la France ou il dispute ses premières minutes en L1 (13 matches, dont 10 dans L1), il rejoint le Stade Lavallois, en prêt, pour la saison 2011-2012. Cette dernière est intéressante (3 buts, 22 matches) et le temps de jeu, plus conséquent, permet au Haut-Normand de se voir offrir un nouveau challenge dans le second échelon français, du côté des Chamois Niortais, à l'été 2012. Dans les Deux-Sèvres, Nicolas Pallois fait rapidement l'unanimité. Il y rencontrera un certain Emiliano Sala, son grand ami qu'il retrouvera à Bordeaux, puis à Nantes, quelques années plus tard.

Avec Niort, il prend part 71 matches en deux ans, pour quatre buts. Cinquièmes de Ligue 2 et aux portes de l'élite lors de la saison 2013-2014, les Chamois Niortais ont notamment pu compter sur une solide défense emmenée entre autres, par Nicolas Pallois. Ce nouvel exercice de qualité, lui permettra finalement de fouler à nouveau les terrains de la Ligue 1 la saison suivante, cette fois-ci sous une tunique bleu marine.

En Gironde et sous le maillot bordelais, le joueur s'affirme très rapidement (34 matches toutes compétitions confondues) dès sa première année et devient tout de suite un cadre de l'équipe emmenée par Willy Sagnol. La saison suivante en revanche, il se voit suspendu pour une durée de trois mois, après avoir bousculé un arbitre lors du match nul à Rennes (2-2), lors de la 14ème journée de Ligue 1. Sa première suspension dans l'élite. Alors que son retour est prévu fin février, il se blesse au pied et ne retrouvera les terrains qu'en avril, pour la 36ème journée. Déterminé à se faire pardonner, il réalisera l'année suivante, une saison de haut vol, en étant notamment le joueur le plus utilisé par Jocelyn Gourvennec, lors de la saison 2016-2017. Pilier.

Le défi nantais

Arrivé sous l'ère Claudio Ranieri au FC Nantes, Nicolas Pallois (31 matches, toutes compétitions confondues en 2017-2018) s'affirme déjà comme un patron, au cœur de la défense jaune et verte, au côté de Diego Carlos. Difficile pour les attaquants adverses de se frayer un passage entre ces deux grands gabarits. Le début d'exercice 2018-2019 est plus compliqué pour le Normand, qui n'entre pas dans les plans du technicien portugais, Miguel Cardoso. Après quelques journées, Vahid Halilhodzic est alors nommé comme entraîneur principal et succède à l'ancien coach de Rio Ave. Aux côtés de Patrick Collot (adjoint) et Cyril Moine (préparateur physique), arrivés avec l'ancien buteur du FC Nantes des années 80, Nicolas Pallois et le groupe professionnel retrouvent la confiance. De retour dans le onze de départ, l'ancien bordelais gagne ses galons de titulaire et livrera un exercice quasiment irréprochable. Très marqué par la disparition tragique de son ami argentin en janvier 2019, Emiliano Sala, il est très fortement soutenu par ses coéquipiers et les supporters nantais. Ces derniers lui témoignent alors énormément d'affection, dans une période très difficile pour tout le monde. Buteur à deux reprises cette saison-là, il offrira notamment à Nantes, le Derby de l'Atlantique à La Beaujoire, d'une superbe volée du pied gauche. Ses prestations remarquées lui vaudront une prolongation de contrat de deux saisons supplémentaires. Le voilà désormais lié avec le club des bords de l'Erdre, jusqu'en 2022.

Malgré le départ de Diego Carlos l'été dernier pour le FC Séville, Nicolas Pallois a très rapidement retrouvé avec un autre Brésilien, une vraie complicité. Repositionné en défense centrale par Christian Gourcuff, nouvel entraîneur du FC Nantes cette saison, Andrei Girotto s'est en effet très vite adapté aux spécificités du poste. À ses côtés, Nicolas Pallois l'a conseillé, épaulé. Avec succès. À eux deux, ils ont été les cadres d'une défense jaune et verte qui a longtemps contrarié les plans des équipes adverses. Victime d'une pubalgie, la tour de contrôle du FC Nantes a malheureusement manqué plusieurs semaines de compétition à l'entame de la phase retour, avant de ne revenir qu'à la mi-février pour retrouver son rôle de leader. Il portera même le brassard de capitaine (quatre fois cette saison en L1) lors d'une soirée parfaite en terre phocéenne (1-3, 26ème journée). Tout un symbole, pour celui qui compte aujourd'hui 84 rencontres jouées et près de 7 500 minutes sous la tunique nantaise.

Par M.G