Une réouverture très attendue !

EN PREMI√ąRE LIGNE

Supporter des Jaune et Vert et patron du restaurant "L'Usine", situ√© rue d'Allemagne √† quelques pas de La Beaujoire, Laurent Martinez, 50 ans, a d√Ľ fermer son √©tablissement durant le confinement. D√©sormais, l'heure est √† la r√©ouverture et il en est le premier ravi. Rencontre.

Le mardi 2 juin 2020 est arrivé comme une libération. Après deux mois de fermeture, restaurants et cafés ont enfin pu réouvrir. C'est le cas de "L'Usine", cette brasserie nantaise, "réputée pour sa convivialité et ses soirées festives", explique Laurent Martinez, le responsable de l'établissement.

Arriv√© √† Nantes √† l'√Ęge de 10 ans, ce Parisien de naissance a grandi avec les Jaune et Vert. "Ici √† Nantes, on est oblig√© de se rendre au stade et de suivre ce Club. Il fait partie du patrimoine de la ville", d√©clare-t-il. Si le football est une passion, il est √©galement aujourd'hui une pratique sportive tr√®s importante pour l'activit√© de son restaurant. "Nous poss√©dons s√Ľrement le plus grand √©cran de la r√©gion ! Nous y diffusons √©videmment les matches du FC Nantes, mais aussi ceux de la Ligue des Champions et de l'√Čquipe de France", raconte celui qui est est √† la t√™te de "L'Usine", depuis plus de 6 ans maintenant. Outre le sport, l'√©tablissement est aussi r√©put√© pour ses concerts. Groupes musicaux et nombreux DJ se bousculent sur la grande sc√®ne, situ√©e au cŇďur du restaurant.

Malheureusement aujourd'hui, le cŇďur du g√©rant n'est plus √† la f√™te. L'heure est plut√īt au constat et √† la relance de son activit√©. Car apr√®s plus de deux mois de fermeture de son √©tablissement, la r√©ouverture est encore quelque peu timide. "L'activit√© ne red√©marre pas tr√®s fort mais j'esp√®re que √ßa va repartir petit √† petit". Ouvert de 11h √† 2h du matin, ce bar-brasserie situ√© en zone industrielle souffre √©galement de la reprise assez lente au sein des entreprises environnantes et de la poursuite du t√©l√©-travail.

Aujourd'hui, avec 30 couverts au lieu des 80 possibles habituellement, Laurent Martinez a r√©duit de plus de moiti√© sa capacit√© d'accueil. "C'est essentiel pour respecter la distanciation sociale", affirme-t-il. Sur les 9 salari√©s qu'il comptait avant la crise du Covid-19, seuls 4 sont revenus travailler pour le moment. "Je ne peux pas faire revenir tout le monde", regrette-t-il. Le manque √† gagner est effectivement √©norme et selon les dires du patron, cet √©pisode "pourrait entra√ģner la perte de plus de 80 000 euros si la reprise "normale" n'intervient qu'en septembre. Bien plus si ce n'est qu'apr√®s..."

Le temps o√Ļ ses clients, dont font partie de nombreux anciens joueurs du FC Nantes, venaient prendre un verre, lui semble encore bien loin. Les soir√©es festives manquent au restaurant et √† son patron. Un brin nostalgique, il se souvient d'un √©v√®nement qui a marqu√© l'histoire de son √©tablissement. Le 28 f√©vrier 2016, le PSG se rendait sur la pelouse de Lyon avec en ligne de mire, le record d'invincibilit√© des Canaris (32 matches sans d√©faite, saison 94-95). "On f√™tait les 50 ans de Japhet N'Doram. Il y avait toute l'√©quipe du sacre de 95, des joueurs plus r√©cents, plus Michel Der Zakarian. On regardait le match sans r√©elle motivation parce qu'on savait que Lyon traversait une passe compliqu√©e en championnat. √Ä 5 minutes de la fin du match, alors qu'on n'avait pas mis le son, j'ai vu certains joueurs se dire : "Le miracle va se produire !". On a immortalis√© ce moment avec un clich√© qui a √©t√© tr√®s vite repris un peu partout !"

Une telle soir√©e, cet amoureux du FC Nantes esp√®re pouvoir en revivre le plus rapidement possible car l'esprit festif, c'est l'√Ęme de son restaurant.

Par M.G