02 avril 2018

Nantes a réglé son compte à Rennes en 80 secondes

LE JOUR OĂ™...

La défaite subie devant le FC Nantes sur terrain neutre, à Colombes, un mois auparavant, en 16e de finale de la Coupe de France (2-0), n'avait pas terrassé le Stade Rennais lorsque celui-ci retrouve son adversaire, au stade Marcel Saupin, le 25 mars 1972, pour la 28e journée de championnat.

Pourtant, dire que les Rennais ne vont pas toucher terre relève de l’honnêteté intellectuelle et, au bout du compte, les quatre buts qu’ils encaissent auraient aussi pu faire l'objet d'une multiplication par deux. Après 80 secondes de jeu, le tableau d'affichage indique déjà le score de 2-0, ce qui est une manière de record à mettre à l'actif des Nantais.

Au bout de 19 secondes, Henri Michel décoche un tir prodigieux qui se traduit par un but fulgurant. Et d’un ! Puis, une poignée de secondes plus tard, c'est Bernard Blanchet, sur un centre d’Eric Maas, qui conclut victorieusement. Et de deux !

C'est un sabotage en règle que Nantes effectue, brisant la résistance supposée de son adversaire, avant même que celle-ci ait le temps de s'organiser. Toute la première mi-temps, Rennes la porte comme un fardeau trop lourd, continuant bêtement à appliquer la défense du hors-jeu, ce qui, dans un contexte pareil, ne manque pas de panache et... de risques !

Car, à Nantes, la balle circule vite, et les superbes galopeurs que sont Maas et Blanchet s'engouffrent sur les flancs rennais comme le grand vent breton. Le premier, modèle de sobriété et d'efficacité, inscrit, dès le départ de la deuxième période, le troisième but qui condamne Rennes au rôle de victime.
Puis Michel Pech, fourmi inlassable dans le sillage de Michel, offre un quatrième but, annonciateur d'un immense carton qui... ne viendra finalement pas. Voilà comment un derby sur lequel beaucoup misait pour s'exciter au spectacle équilibré de deux équipes aux belles intentions d'attaque fut privé, dès son entrée en matière, d'une grosse partie de sa substance...


UN JOUR, UNE DECLARATION

Jean-Claude Suaudeau
« J’ai du mal à me faire à l’idée qu’il va y avoir des immeubles à la place de Marcel Saupin. Je ne suis pas certain que la jeunesse y trouvera son compte. J’aurais voulu que le stade soit transformé, en sa totalité, en centre sportif, avec des salles et des terrains, où tous les jeunes auraient pu se retrouver, comme aux Etats-Unis. »
Septembre 1984


LA LEGENDE DU FC NANTES
1943-2018 : 75 ANS D’HISTOIRE
Par Denis Chaumier


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