''Premier supporter du FC Nantes !''

Jordan Veretout

Arrivé sur les bords de l'Erdre à l'âge de 10 ans, Jordan Veretout (27 ans) a effectué toute sa formation dans les rangs du FC Nantes avant d'intégrer puis de s'imposer au sein de l'effectif professionnel. Ses années au centre, ses débuts en professionnel, la remontée dans l'élite, son parcours depuis son départ, sa réussite en Série A et le Covid-19, le natif d'Ancenis, toujours très attaché à ses racines, se confie pour le troisième épisode de notre rubrique "Que deviens-tu ?".

Bonjour Jordan, comment vas-tu en cette période compliquée où l'Italie a notamment été particulièrement touchée ?

Jordan VERETOUT : "Je vais bien merci, ma famille aussi. C'est vrai qu'en Italie, ça a été très compliqué, surtout dans le Nord du pays avec la Lombardie par exemple. Ici à Rome, c'était un peu mieux même si évidemment, nous avons rapidement été mis en confinement."

As-tu eu connaissance de cas de Covid-19 Ă  La Roma ?

"Non, personne n'a été touché au club, heureusement. En revanche, des joueurs de la Fiorentina, de la Juventus, de la Sampdoria de Gênes et d'autres encore ont contracté le Covid-19."

Le 11 mars dernier, le club avait annoncé vouloir rester en Italie plutôt que d'aller jouer le 8ème de finale aller de Ligue Europa, face au FC Séville. Une sage décision, non ?

"Effectivement, on devait aller jouer à Séville le lendemain, une rencontre importante dans notre saison, la première de la phase finale dans cette compétition européenne. Toute l'équipe s'était bien entraînée, moi aussi même si personnellement j'étais suspendu après avoir reçu plusieurs avertissements (il sourit). Les gars devaient partir le mercredi après-midi mais dès le midi, on a été informé qu'on n'irait pas. Je pense bien évidemment que c'était la meilleure décision à prendre. Ce choix a beaucoup joué sur la protection de notre santé."

Comment se passait ta saison Jordan, avant son interruption ? On sait que c'était un nouveau défi cette année pour toi, après un transfert l'été dernier dans l'un des plus grands clubs de Série A ?

"La saison se passait très bien. J'ai vraiment bien été intégré et j'avais envie de franchir un cap l'été dernier. La Roma, c'est un très grand club et j'avais la chance de jouer (34 matches, toutes compétitions confondues). J'ai connu une légère baisse de régime mais en cette période compliquée, j'ai pu bien récupérer et bien me préparer pour la fin du championnat."


Terminer la SĂ©rie A, c'est une chose importante selon toi ?

"Bien sûr. Nous sommes des compétiteurs, tout le monde s'est vraiment investi depuis le début de la saison. L'équipe est dans le Top 5 et on a envie d'aller chercher quelque chose de bien dès qu'il sera possible de reprendre."

Qu'est-ce que représente Nantes pour toi ?

"Nantes, c'est comme la maison. Je reviens régulièrement dans le coin et je m'entends encore très bien avec de nombreuses personnes au Club, dont la Direction, les coaches, les intendants…
Aujourd'hui encore, je regarde tous les matches dès que je peux. Je suis le premier supporter !"

Depuis ton départ de Nantes à l'été 2015, tu as connu l'Angleterre (2015-2016), puis un retour en France à Saint-Étienne (2016-2017) avant de prendre ton envol vers l'Italie (depuis l'été 2017). Qu'as-tu appris de toutes ces expériences ?

"Quand je suis parti du FC Nantes, j'avais envie de connaître autre chose et sortir de ce confort. Je pense que ce choix a d'ailleurs joué dans ma progression. J'ai passé une année en Angleterre, où je suis notamment devenu papa. J'ai mûri et malgré la relégation, j'ai eu la chance de disputer 29 matches de Premier League. Pour une première saison, c'était déjà très bien !
Après ça, il y a eu mon retour en France à l'AS Saint-Étienne. J'ai rencontré Christophe Galtier, un entraîneur qui m'a vraiment fait progresser avec ses adjoints et cette expérience a compté pour moi. Ensuite, quand je suis arrivé en Italie, j'ai voulu ne pas reproduire les mêmes erreurs qu'en Angleterre, avec cette forte envie de m'épanouir sur le terrain. Sous la houlette d'un coach comme Stefano Pioli, j'ai très vite accroché. Durant deux ans, je n'ai cessé d'avancer, de progresser et de prendre du plaisir à jouer. Le football italien me correspond énormément et aujourd'hui je suis très heureux en Italie."

Il y a Ă©galement un ancien de la Maison Jaune qui s'Ă©panouit en Italie et que tu connais bien, c'est Koffi Djidji, aujourd'hui au Torino FC. Comment se passent les retrouvailles ?

"On s'est eu au téléphone il y a quelques jours et on prend régulièrement des nouvelles. Je suis resté proche de lui et s'est toujours un plaisir de jouer l'un contre l'autre. Évidemment, on se rappelle de nos années passées au FC Nantes. J'espère pour lui qu'il fera une très bonne fin de saison."

Tu as récemment fait partie des sportifs qui ont mis aux enchères des équipements (maillot, chaussures) en faveur du mouvement "Sport Aidons" de Cyril Dumoulin, le portier du H. C'était important pour toi ?

"Oui, bien sûr ! J'ai eu un très bon contact avec Cyril Dumoulin, que je ne connaissais pas personnellement avant. J'ai trouvé l'idée géniale et j'ai une grande admiration pour ce qu'il réalise depuis le début de cette action. J'étais très heureux de m'associer à cette cause. J'estime que si on a les moyens d'aider, il faut le faire (À la fin des enchères, 1720 euros ont été récoltés : 700 euros pour les crampons, 1020 euros pour le maillot de La Roma, ndlr)."


Tu es arrivé au FC Nantes à l'âge de dix ans. Que vas-tu retenir de toutes tes années ?

"C'était magnifique. J'ai des grands souvenirs et ça restera à tout jamais dans ma tête. J'ai commencé en Benjamins au FC Nantes avec Damien Bonnin, avec qui on a terminé Champions de France grâce à notre succès national à la Danone Nation Cup. J'ai ensuite intégré la préformation au côte de François Bourgeais, avant de rejoindre le centre de formation. J'ai eu la chance de jouer sous les ordres de Samuel Fenillat, de Stéphane Ziani, ou encore de Loïc Amisse.
Je me souviens avoir eu plusieurs discussions avec Stéphane Ziani, qui m'avait fait comprendre que je pouvais passer le cap du centre de formation vers les professionnels. Après le départ de Baptiste Gentili, il était devenu l’adjoint de Philippe Anziani, en 2011. À ce moment-là, il m'a tout de suite fait passer avec l'effectif professionnel et je suis très reconnaissant de tout ce qu'il a fait pour moi, car j'ai connu ma première en professionnel en mai 2011. Le mois suivant, Landry Chauvin a pris la tête de l'équipe et j'ai eu la chance de partir en stage avec le groupe, avant de faire toute une saison et d'avoir beaucoup de temps de jeu (35 matches de L2, ndlr). J'étais un joueur "gentil" et lorsque Michel Der Zakarian est arrivé, il a su me faire évoluer et devenir plus agressif sur le terrain, dans le bon sens du terme."

Pour conclure, qu'est-ce que représente La Beaujoire pour toi ?

"La Beaujoire, c'est quelque chose ! C'est un rêve de retourner jouer dans ce stade qui a marqué ma carrière. J'y ai fait mes débuts comme professionnel, il y a aussi eu cette remontée en Ligue 1 à la fin de la saison 2013. Je me souviens de tous les supporters sur la pelouse, c'était magique de pouvoir faire la fête avec eux ! C'est sans doute l'un des plus beaux souvenirs de toute ma carrière."


Le message de Jordan Veretout aux supporters !

Par M.G