''Nantes, mes plus belles Ă©motions''

Lucas Deaux

Jaune et Vert durant trois ans et demi, Lucas Deaux garde de très bons souvenirs de ses années passées dans la Cité des Ducs. Aujourd'hui joueur du Nîmes Olympique, l'ancien milieu de terrain nantais a accepté de revenir sur son confinement, son parcours depuis son départ de la Maison Jaune, ainsi que son lien très fort avec les supporters du FC Nantes. Il raconte.

Bonjour Lucas, comment vas-tu en cette période particulière ?

Lucas DEAUX : "Franchement, tout va super bien. L'ensemble de notre famille se porte bien, que ce soit nos deux enfants ou alors du côté de ma femme et du mien. Nos amis proches n'ont rien également."

Comment vis-tu ton confinement ?

"Sincèrement, ça ne me dérange pas plus que ça même si parfois, on aimerait pouvoir faire des activités, comme sortir. Mais au-delà de ça, par rapport à notre situation personnelle, nous ne sommes vraiment pas à plaindre. De plus, ce confinement est aussi l'occasion de partager beaucoup de choses avec les enfants. J'ai une petite fille de 4 ans et demi, un petit de 7 mois et demi et aujourd'hui, je suis ravi de les voir grandir au quotidien."

L'entraînement en solitaire, chez toi… Une situation peu banale, non ?

"Honnêtement, je trouve ça vraiment pénible. Ce n'est pas le fait de faire le programme qui me dérange, c'est surtout de devoir l'effectuer sans but précis. On n'a pas de date de reprise en tête. Je prends l'exemple d'un boxeur, il prépare son combat pour une date connue. Nous, on est dans l'inconnu. Je tire malgré tout mon chapeau au staff du Nîmes Olympique qui nous informe en temps réel et qui nous permet de garder la forme grâce au programme préparé. On travaille avec des vidéos ludiques et très sympas à réaliser."

Après Nantes, tu as connu une expérience plutôt courte en Belgique (La Gantoise, janvier 2016 - juillet 2016). Que retiens-tu de cet "échec" sportif ?

"Je ne me suis pas éternisé en Belgique, c'est sûr. À plusieurs reprises, je me suis dit que j'avais fait le con (sic) de quitter Nantes. Après, à partir du moment où j'avais pris ma décision… Je voulais vraiment sortir de ma zone de confort et là, je rejoignais un club qui me permettait de connaître la Ligue des Champions. Je suis vraiment parti pour le projet sportif. Alors oui, le championnat est peut-être moins huppé mais concernant la structure du club, c'était du haut niveau. J'ai pu disputer un 8ème de finale de Ligue des Champions et j'ai découvert également une nouvelle culture, avec le Flamand comme langue principale. J'ai également vu comment les équipes du haut de tableau se comportent au quotidien. On luttait pour le titre, pour une qualification européenne et ça, c'était nouveau pour moi. Au final, j'ai rencontré de nombreux joueurs qui évoluent aujourd'hui en France. Je pense notamment à Kalifa Coulibaly et Moses Simon qui jouent à Nantes, à Mats Sels et Mitrovic qui évoluent à Strasbourg, à Foket (Reims)… Ça confirme que plusieurs joueurs du championnat belge ont le niveau pour s'imposer en France."

Mais tu as su rebondir à Guingamp, un club familial, qui t'a fait confiance et dans lequel tu resteras trois ans (juillet 2016 - août 2019)…

"J'étais très heureux de rejoindre Guingamp et un coach très sympa (Antoine Kombouaré), en qui je me retrouvais tout à fait dans la mentalité et dans la manière de travailler. La ferveur qu'il peut y avoir par rapport au petit village que c'est, c'est incroyable. J'ai vécu de superbes émotions là-bas et sur mes trois saisons à l'EAG, on a su battre au moins une fois toutes les grosses cylindrées du championnat (Marseille, Monaco, Paris, Lyon, Lille,…) et ça ne m'était pas arrivé avec le FC Nantes. Je vais retenir de mon passage dans les Côtes-d'Armor, de belles rencontres avec des gens chaleureux qui ont une bouffée d'oxygène en allant au stade le week-end. Vivre cette ferveur de l'intérieur, même si la dernière ne s'est pas passée comme on l'imaginait, c'était très fort."

À Guingamp, tu as également évolué aux côtés de joueurs qui sont arrivés l'été dernier au FC Nantes : Marcus Coco et Ludovic Blas. Quel regard portes-tu sur eux ?

"Malheureusement, on n'a pas vraiment eu le temps de s'apercevoir des qualités de Marcus (Coco), suite à sa blessure dès les premières minutes du championnat. C'est un joueur qui se distingue de par sa propension à prendre de la vitesse mais aussi par sa vélocité et la répétition des efforts. De son côté, Ludo' (Blas) est un joueur pétri de talent. Il était nécessaire pour lui de relever un nouveau défi et on le voit avec ses statistiques et ses performances réalisées cette saison. C'est un cran au-dessus de ce qu'il faisait à Guingamp. Je pense sincèrement que c'est un joueur qui correspond à la mentalité du Club, d'un point de vue technique. J'espère que ces deux "gamins" feront une grande carrière. C'est parti pour et je souhaite vraiment que Marcus se remettra correctement de sa blessure. J'étais vraiment attristé que ça lui arrive parce que c'est un bosseur, qui a toujours le sourire. Le jour où ils joueront vraiment ensemble, je pense que leur complicité pourra faire des différences."

Tu as rejoint le Nîmes Olympique lors du dernier mercato estival. Était-ce une priorité pour toi de retrouver la Ligue 1 ?

"Oui, évidemment. Un joueur qui commence tout juste dans le milieu professionnel peut faire ses classes en L2, ce n'est pas un souci mais moi, à mon âge et vu comment la dernière saison s'était déroulée… J'avais été blessé plus de la moitié de l'année et je voulais retrouver un challenge en L1. À partir du moment où Nîmes m'a contacté, j'ai foncé. J'ai toujours fonctionné comme ça et ils ont été les premiers à me montrer leur intérêt. J'ai eu la chance de tomber dans un club super sympa, dont la progression a été très rapide et où la mentalité permet de faire la différence. Cette grinta me plaît. Le groupe est bon et je pense évoluer sous les ordres du meilleur entraîneur (Bernard Blaquart) que j'ai pu côtoyer, d'un point de vue global. Je dénigre absolument pas ceux que j'ai eu avant mais tant, humainement que sportivement, c'est celui qui m'a le plus apporté en peu de temps. Je suis ravi de ça et ma famille se plaît ici."

La situation n'est pas évidement pour le Nîmes Olympique depuis le début de la saison. Quel rôle joues-tu dans cette équipe ?

"Je suis passé dans des clubs où on a toujours joué un maintien assez confortable mais entre l'année dernière et cette saison, il est vrai que c'est un peu plus compliqué. Je découvre une autre facette de notre championnat. Le maintien est plus difficile, car c'est la deuxième saison pour Nîmes à ce niveau et l'année de la confirmation, c'est toujours particulier. Le mercato a été tardif et nous sommes plusieurs éléments à être arrivés à la fin août. De nouveaux joueurs sont arrivés en janvier et ont permis de nous donner une bonne dynamique. Comment je vois ça ? Comme une expérience nouvelle dans l'élite du football français. Personnellement, je préfère jouer un maintien difficile en L1 plutôt que de rester en L2. Après, on est là où on mérite d'être, à quelques détails près mais je vis une expérience très enrichissante."

Tu as passé trois ans et demi au FC Nantes. Quels souvenirs gardes-tu en mémoire de toutes ces années ?

"Dès ma première année, il y a eu la montée dans l'élite. C'était fantastique. Ensuite, pour notre première saison en L1 et si on ne nous retire pas les trois points du match face à Bastia, on termine 8ème. Ensuite, on assure un maintien confortable. Dans l'ensemble, je retiens que du positif de mon passage au FC Nantes. Le Club, les infrastructures, La Beaujoire, les supporters… Mes plus gros souvenirs émotionnels, au niveau social et humain, je les ai connus à Nantes. Ma fille est née là-bas également donc ça aura toujours une saveur particulière."

Les supporters ont toujours témoigné beaucoup d'affection envers toi et c'est encore le cas…

"Ce lien m'a toujours marqué et puis c'est surtout réciproque. Je ne sais pas si c'est volontaire ou non de ma part mais c'est vrai qu'aujourd'hui, je m'éloigne un peu de tout ça et je prends un peu plus de recul par rapport au lien joueurs - supporters ou encore vis-à-vis des réseaux sociaux. Je ne sais pas non plus si j'ai envie de préserver cette relation que j'avais avec eux et ne pas trop me jeter dans une nouvelle relation avec d'autres… À Guingamp par exemple, j'ai noué de beaux liens avec des supporters mais ce n'était pas la même saveur. L'engouement était bien différent à Nantes que ce que j'ai pu connaître ailleurs."

Une chose est sûre, ta réalisation insolite sur la pelouse du Stade Rennais (1-3, 8ème journée, saison 2013-2014) a marqué les fans du FC Nantes. Un peu plus de sept ans après, ce but représente-t-il toujours beaucoup de choses pour toi ?

"C'était mon premier but en Ligue 1 donc forcément, il restera gravé dans ma mémoire. Mais sur le match en lui-même, son déroulement, l'ambiance qu'il y avait… sur les dernières années du FC Nantes, il s'agit sûrement de l'un des matches les plus accomplis, qui plus est chez le rival historique. C'est encore difficile pour moi de décrire l'atmosphère qui planait sur cette rencontre. Je pense qu'on a autant su les surprendre, qu'ils étaient sûrs de nous battre. C'est ce double sentiment de satisfaction qui a apporté le petit piment en plus. Alors oui, je n'ai pas gagné la Ligue des Champions avec Nantes mais j'ai mis un but sympa, que beaucoup gardent en mémoire."


Le message de Lucas Deaux aux supporters !

Par M.G