''J'ai tout donné pour le FC Nantes''

Diego Carlos

Parti l'été dernier pour rejoindre le FC Séville (La Liga), Diego Carlos (27 ans) s'est très vite imposé au cœur de sa nouvelle formation. Marqué par ses trois années passées au FC Nantes, le solide défenseur brésilien se confie sur sa nouvelle vie en Andalousie, ses souvenirs en Jaune et le lien très fort qu'il existe entre lui et les supporters nantais. Entretien avec un joueur au grand cœur.

Bonjour Diego, comment ta famille et toi vous portez-vous, en cette période particulière ?

DIEGO CARLOS : "On se porte très bien ! Nous restons bien à la maison et on suit un peu tout ce qu'il se passe dans le monde. Personne n'est habitué à vivre une telle situation mais il faut s'y adapter. Tous les jours, on essaie de varier un peu les activités."

L'Espagne a été fortement touchée. Comment est la situation à Séville et en Andalousie ?

"Ici, en Andalousie, il n'y a pas forcément eu beaucoup de cas comparé au reste du pays. Mais depuis le début, tout le monde a très vite réagi, notamment le club. On a très rapidement été amené à rester chez nous, tout en continuant à s'entraîner. C'est important de se protéger pour ne pas attraper le virus."

Tu as quitté le FC Nantes l'été dernier pour rejoindre le FC Séville. Comment se passait ta saison jusque-là ? On a pu voir que tu t'étais très vite imposé comme un joueur important de l'effectif…

"Oui, je suis très heureux de ce qu'il se passe avec Séville depuis le début de la saison. J'ai très vite été intégré au collectif. Je pense que mes passages au Portugal et en France m'ont permis d'arriver ici avec beaucoup d'expérience et de force. J'ai été aidé par les arrivées de joueurs qui connaissaient la L1 comme Ocampos (ex. O. Marseille), Rony Lopes (ex. AS Monaco) ou Koundé (ex. FCG Bordeaux). On a beaucoup parlé et pour apprendre à connaître les joueurs, c'était mieux d'être à plusieurs. Il y a aussi un autre joueur important pour moi qui est venu ici, c'est Fernando (ex Galatasaray). Il est Brésilien, comme moi et on se parle très souvent."

Comment juges-tu le championnat espagnol, vis-à-vis de ce que tu as pu connaître en France ?

"Il y a beaucoup de différences, c'est sûr, même au niveau du club. Le FC Séville cherche à jouer la Ligue des Champions toutes les saisons et qui au minimum, évolue en Ligue Europa. C'est une très grande institution, très exigeante avec ses joueurs. J'ai vraiment cette sensation d'avoir de très grandes responsabilités sur mes épaules. Au club, beaucoup de joueurs sont déjà aguerris et ils sont nombreux à porter régulièrement le maillot de la sélection. Que ce soit à l'entraînement ou lors des matches, on essaie de garder la possession, de pratiquer un jeu court. En France, on est plutôt adepte du jeu direct pour tenter de contrer l'adversaire. Ici, en Espagne, on réclame beaucoup de patience pour faire la bonne dernière passe."

Les entraînements vont reprendre individuellement en Espagne. Comment abordes-tu cette phase de reprise ?

"On sait tous ce qu'il se passe dans le monde et ici en Espagne. Ce ne sera pas simple mais on doit faire avec. En tant que professionnel, je dois tout donner pour mon équipe, pour mon club. Si tout est garanti pour que la sécurité des joueurs et du personnel soit bien assurée par la Ligue espagnole, pas de problème de mon côté. Je suis prêt à faire mon travail."

Arrivais-tu à suivre les résultats du FC Nantes avant que la saison ne se termine ?

"Oui, bien sûr. J'ai regardé de nombreux matches cette année et j'échange très souvent avec Girotto et Fábio. On a un groupe sur lequel on discute énormément. Le FC Nantes est toujours dans mon cœur et ce club comptera toujours beaucoup dans ma carrière, dans ma vie."

Après ton départ, Christian Gourcuff est arrivé à la tête de l'équipe et il a tout de suite vu en Andrei Girotto, ton successeur !

"(Il rigole). Je ne suis pas du tout surpris et j'approuve ce choix ! Quand j'étais encore à Nantes, j'avais déjà parlé avec Andrei pour lui dire que c'est un très bon joueur qui peut jouer à différents postes. Une fois, je lui ai même dit qu'il ferait un très bon défenseur central parce qu'il cassait les autres joueurs (rires). Je plaisante, évidemment. Andrei est un bon joueur ballon au pied et il a une très belle qualité de passe, de relance. Il me prenait pour un fou lorsqu'on en a parlé. Mais Andrei est intelligent et on a pu échanger ensemble pour que je le conseille, afin qu'il continue de progresser. Pour moi, Girotto est devenu un grand défenseur central (rires)."

Tu es arrivé en France à 23 ans. As-tu l'impression que ton passage à Nantes t'a permis de gagner en maturité, sportivement et humainement ?

"Oui, c'est sûr. J'ai beaucoup évolué ici au côté de ma famille. Quand je suis arrivé à Nantes, je ne parlais pas un mot de français. Aujourd'hui ce n'est pas parfait mais c'est mieux. Lorsque nous sommes arrivés ici, j'avais prévenu ma femme que ce ne serait pas simple car la culture est différente de celles connues au Brésil ou au Portugal. Mais après six mois, j'étais déjà parfaitement intégré. J'avais de très bons amis et je me suis très vite habitué à la France, au mode de vie et au championnat. Aujourd'hui, je suis très reconnaissant des personnes croisées au Club. Je remercie vraiment tout le monde de m'avoir permis d'être là où je suis aujourd'hui."

Beaucoup d'images reviennent lorsqu'on évoque ton passage au FC Nantes mais il y en a une particulièrement qui resurgit : toi, le bras en écharpe face à Marseille à La Beaujoire (2ème journée de L1, 17-18), ne lâchant rien. C'est cette image de guerrier que tu veux que l'on garde de toi ?

"Dès l'instant où je suis arrivé au Club, je me suis dit que je devais tout donner pour le FC Nantes. La direction m'a fait confiance et souhaitait que je rejoigne l'équipe. Quand un club te désire, tu te dois de faire le maximum à chaque entraînement, à chaque match. En pleine forme ou blessé, je suis un professionnel et j'avais toujours cette envie de bien faire pour ce maillot. Je suis très heureux d'avoir pu jouer plus de 100 matches pour le FC Nantes (108 exactement, ndlr). Tout le monde n'aura pas l'occasion de jouer 100 matches en 3 ans, c'est très difficile mais ça me rend très fier."

Avec le FC Séville tu évolues au Stade Ramón Sánchez Pizjuán mais quels souvenirs gardes-tu de La Beaujoire et de son atmosphère si particulière ?

"L'ambiance ici est magnifique et tous les matches se jouent à guichets fermés. Mais ma femme m'a dit qu'à Nantes "c'était incroyable, un truc de fou". Tout le monde chante, tout le monde cri ! Je n'ai pas eu la chance de jouer le derby face au Real Betis à domicile mais on m'a dit que c'était quelque chose à vivre. Je ne peux encore comparer avec une rencontre face à Rennes à La Beaujoire, par exemple. Mais cette ambiance de derby restera gravée en moi."

Comment peux-tu expliquer la proximité qu'il existait entre toi et les supporters nantais ?

"Je suis une personne simple et dans le football, on voit parfois des joueurs pas très proches des supporters. De mon côté, c'est impensable. Il y a des familles qui viennent au stade, c'est un budget pour ces personnes. Parfois, certaines viennent de très loin pour assister à la rencontre. Il faut savoir s'approcher d'eux, échanger, créer du lien avec eux et même leur donner un peu d'amour, de joie. C'est très important."



Le message de Diego Carlos aux supporters !

Par M.G